Caroline Le Méhauté

Caroline Le Méhauté (°1982, Toulouse)
Vie et travaille à Bruxelles (BE)
Media: dessin, sculpture, installation, video

Works
Ancrer le réel (2020) | 50 x 200 cm | Normandy peat & binder on wood
Ancrer le réel
Mécaniques des roches XXXIV (2020) | 40 x 30 cm | watercolor & black stone on paper
Mécaniques des roches XXXIV
Graphein 4 (2019) | edition of 3 | 80 x 60 cm | cyanotype on paper
Graphein 4
Négociation 60 - Echappée verticale (2014) | edition of 2 | 20 x 80 x 50 cm | video-installation & wood
Négociation 60 - Echappée verticale
Land LXXXXIV (2013) | 56 x 74 cm | watercolor & black stone on paper
Land LXXXXIV
Tout sujet déplace avec lui son horizon XXV (2017) | 84 x 64 cm | pigments & binder on paper (framed)
Tout sujet déplace avec lui son horizon XXV
Topologie du vide XXV (2017) | 40 x 40 cm | black stone & acrylic on paper (framed)
Topologie du vide XXV
The reverse (2018) | 10 silkscreen | 56 x 82 cm | powder of vulcanic rock on paper - image of the soil of Mars, taken by the robot Curiosity
The reverse (2018)
Gallery exhibitions
Into The Distance
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Art fairs
Art on Paper 2021
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External exhibitions
Activité des obliques
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Biography

Née en 1982, Caroline Le Méhauté vit et travaille à Bruxelles et à Toulouse. Après une maitrise en Arts plastiques et une spécialisation en Sémiotique de l’Art (Toulouse), elle poursuit son cursus à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Marseille d’où elle sort diplômée en 2007. Cette même année, elle participe à la Biennale des Jeunes créateurs d’Europe et de la Méditerranée, en Italie.

Depuis lors, son travail est présenté dans des expositions personnelles et collectives dont: la Médiatine (Bruxelles); château de Servières (Marseille); Block T (Dublin); Postfuhramt Ouest, (Berlin); Marseille-Provence 2013 Capitale Européenne de la Culture; Spazio Testoni (Bologne); Musée National du Burkina Faso (Ouagadougou).. Ses œuvres figurent dans diverses collections privées et publiques : Fond communal d’art contemporain (Marseille) ; ¬¬Artothèque Leo Lagrange (Paris) ; 1% Collège Olympe de Gouges (Marseille). Elle reçoit le Prix Art [ ] Collector 2020.

Poétique et politique, le travail de Caroline Le Méhauté interroge intimement notre rapport au monde, à travers une réflexion sur la matière, l’espace et le temps. Partant d’éléments du terrestre et de l’Espace, ses sculptures, installations, dessins et vidéos, de même que sa pratique sonore, proposent un élargissement du regard. C’est ainsi que l’artsite questionne l’immensité, l’imperceptible et l’incommensurable présents à l’intérieur de nos expériences sensibles.

Text

Caroline Le Méhauté (1982) interroge les interactions entre l’homme et son environnement, la terre et plus largement le cosmos auquel cette terre participe. Ses sculptures, installations et travaux sur papier appartiennent au domaine de la nature en ce sens qu’ils utilisent des matériaux tels que la tourbe, la fibre de noix de coco et les pierres ; des couches de terre vieilles de milliers d’années ou des roches des indestructibles montagnes des Pyrénées. Dans leur authenticité, ces matériaux ont ce pouvoir de susciter un questionnement existentiel.

De l’immobilité abstraite des images se dégage l’occasion d’une réflexion. La vue dominante – au sens propre comme au figuré – d’une surface couverte de terre, ou d’un cyanotype (procédé photographique monochrome provoqué par un mélange photosensible) montrant des terres agricoles épuisées vues du ciel suffit à mettre l’homme, la terre et le cosmos en perspective. Cependant, bien que l’histoire de ces strates et de l’épuisement de la nature qui nous entourent soient ici dévoilées, la question écologique n’est pas la principale préoccupation de l’artiste. Ce qui lui importe en premier lieu est une question bien plus fondamentale : une réflexion existentielle, philosophique et poétique sur la position de l’homme dans un environnement beaucoup plus vaste, plus vieux, plus riche.

Les œuvres en fibres de coco et les sculptures portent presque toutes le titre de « Negociation ». Il ne s’agit pas ici d’une discussion commerciale ou politique. Ce qui est mis en perspective ce sont ces tractations perpétuelles entre notre position personnelle et le monde qui nous entoure. En tant qu’être humain, nous relevons d’un certain espace auquel nous nous rapportons et nous devons sans cesse rechercher un équilibre avec la gravité. Tous les autres éléments, animaux ou phénomènes naturels, entrent dans ce jeu. Il y a une recherche continuelle de compromis dans la nature. À l’échelle microscopique, cette réalisation est proche de la pratique d’un sculpteur qui, lors de la création d’une sculpture, doit toujours négocier avec des éléments tels que la matière, l’espace, la masse et la gravité.

Caroline Le Méhauté nous rend sensibles à ce jeu de négociation en jouant elle-même de compromis singuliers avec ses propres matériaux, avec l’espace, avec le spectateur. Ainsi, souvent, l’œuvre flotte sur le mur, touchant presque au plafond, ou bien sur un fond de papier blanc. Ce choix de positionnement n’a rien de fortuit. Le changement physique de perspective entraîne une réaction mentale. La terre est mise à hauteur d’homme ; un changement de paradigme où le sol horizontal, généralement piétiné sous les pieds et donc jamais vu, senti ou ressenti de près, accède à la verticale et au face à face. Les distinctions hiérarchiques s’effacent ; grandit alors en nous la prise de conscience de notre appartenance à cette terre, à cette matière dont nous sommes nous-mêmes issus.

Tamara Beheydt

Groot Park 2
3360 Lovenjoel
Heures de visite
Ven-Sam-Dim 14h-18h